BGE 151 III 538 (4A_676/2024): provisorische Rechtsöffnung, Art. 257e Abs. 4 OR und Auslegung des kantonalen Rechts (Franz.)

In BGE 151 III 538 set­zte sich das Bun­des­gericht mit der Frage auseinan­der, ob eine durch eine Drittper­son gewährte Sicher­heit im Zusam­men­hang mit einem Mietver­trag über Geschäft­sräume als Garantiev­er­trag (Art. 111 OR) zu qual­i­fizieren ist. Dies wäre gemäss Gen­fer kan­tonalem Recht (vgl. Art. 257e Abs. 4 OR) unzuläs­sig. Vor der ersten Instanz machte der Betriebene gel­tend, dass eine for­mungültige Bürgschaft vor­liege, weshalb das Recht­söff­nungs­ge­such abzuweisen sei. Mit Urteil vom 18. Juni 2024 wies die kan­tonale Instanz das Recht­söff­nungs­ge­such der Ver­mi­eterin gegen den Sicher­heits­ge­ber ab.

Dage­gen erhob die Ver­mi­eterin Beschw­erde und machte dabei gel­tend, dass es sich bei der Sicher­heit um einen Garantiev­er­trag (Art. 111 OR) han­dle. Mit Urteil vom 13. Novem­ber 2024 wies die Beschw­erde­in­stanz die Beschw­erde ab. Sie ver­wies dabei auf die Lehre und die kan­tonale Recht­sprechung und erwog, dass es sich um einen nach kan­tonalem Recht ver­bote­nen Garantiev­er­trag han­dle. Gemäss Art. 257e Abs. 4 OR sei der kan­tonale Geset­zge­ber befugt, bes­timmte Sicher­heit­sarten gän­zlich auszuschliessen, wovon der Gen­fer Geset­zge­ber mit Art. 1 des Loi genevoise du 18 avril 1975 pro­tégeant les garanties fournies par les locataires (LGFL) Gebrauch gemacht habe.

Das Bun­des­gericht schützte den Entscheid der Vorin­stanz und erwog, dass die Ausle­gung von Art. 257e Abs. 4 OR im Rah­men der sum­marischen Prü­fung der Einre­den im pro­vi­sorischen  Recht­söff­nungsver­fahren mit dem Bun­desrecht zu vere­in­baren sei. Zudem sei die von der Vorin­stanz vorgenommene Ausle­gung und Anwen­dung des kan­tonalen Rechts nicht willkür­lich (E. 5.4, Her­vorhe­bun­gen hinzugefügt):

[…] Dans le cadre de l’ex­a­m­en som­maire du bien-fondé juridique des moyens libéra­toires du pour­suivi — lequel doit ren­dre sa libéra­tion vraisem­blable — auquel est tenu le juge de la main­levée (…), les con­sid­éra­tions de la cour can­tonale n’ap­pa­rais­sent pas con­traires au droit fédéral. En effet, dans l’ATF 102 Ia 372, les recourantes demandaient l’an­nu­la­tion de l’art. 1 al. 2 et 3 LGFL en tant qu’il inter­di­s­ait le cau­tion­nement sol­idaire en matière de baux d’habi­ta­tion; elles fai­saient notam­ment val­oir que l’art. 6 al.2 AMSL (abrogé depuis lors) ne visait que les sûretés en espèces. Le Tri­bunal fédéral a rejeté le recours, en con­sid­érant que cette dernière dis­po­si­tion, dont la teneur était effec­tive­ment proche de celle de l’art. 257e al. 4 CO, visait égale­ment les sûretés autres que celles fournies ou ver­sées en espèces. La doc­trine présen­tée par la cour can­tonale (BOHNET/JEANNIN, op. cit., n. 34) admet que les can­tons peu­vent exclure cer­taines formes de garantie, en se référant égale­ment à d’autres con­tri­bu­tions en ce sens (SYLVAIN MARCHAND, in Droit du bail à loy­er et à ferme, Com­men­taire pra­tique, 2ème éd. 2017, n. 5 ad art. 257e CO; DANIEL STOLL, Sicher­heit­sleis­tun­gen der Mieter­schaft vor dem Hin­ter­grund kan­ton­al­rechtlich­er Bes­tim­mungen — eine Über­sicht zu Art. 257e Abs. 4 OR, Mietrecht­sprax­is [mp] 2007, p. 69). Si l’au­teur cité par la recourante émet des doutes à ce pro­pos, il relève que la doc­trine a recon­nu la pos­si­bil­ité d’une exclu­sion et ajoute que plusieurs can­tons ont légiféré en ce sens (BÉNÉDICT FOËX, 12ème sémi­naire sur le droit du bail, 2002, p. 8). En effet, l’art. 1 de la loi vau­doise du 15 sep­tem­bre 1971 sur les garanties en matière de baux à loy­er (LGBL; RS/VD 221.307) et l’art. 191 de la loi valaisanne du 24 mars 1998 d’ap­pli­ca­tion du code civ­il suisse (LACC; RS/VS 211.1) prévoient expressé­ment l’ex­clu­sion de cer­tains types de garantie. Il n’ap­par­tient pas au juge de la main­levée d’ex­am­in­er cette ques­tion de façon plus approfondie. 

Il ne lui incombe pas non plus de remet­tre en cause la jurispru­dence genevoise quant à l’in­ter­pré­ta­tion de l’art. 1 LGFL en ce sens que cette dis­po­si­tion énumère de manière exhaus­tive les formes de garantie admis­si­bles, et exclut ain­si le porte-fort. D’ailleurs, on ne saurait con­sid­ér­er que cette inter­pré­ta­tion d’une norme can­tonale, et l’ap­pli­ca­tion qui en a été faite, est arbi­traire, au vu notam­ment du texte de cette dis­po­si­tion. En out­re, con­traire­ment à ce que pré­tend la recourante, elle ne présente pas non plus de con­tra­dic­tion avec l’art. 111 CO puisque, selon l’ex­a­m­en som­maire de la cour can­tonale, non cri­ti­quable ici, la garantie de porte-fort pou­vait être exclue par les can­tons en appli­ca­tion de l’art. 257e al. 4 CO. Au sur­plus, la recourante se con­tente d’af­fir­ma­tions au sujet de l’in­térêt de la locataire et ne dis­cute pas réelle­ment la moti­va­tion que la cour can­tonale a exposée s’agis­sant de la pro­tec­tion des locataires pour jus­ti­fi­er l’ex­clu­sion du porte-fort. L’in­vo­ca­tion de la loi genevoise par l’in­timé ne saurait mod­i­fi­er ce qui précède.
En défini­tive, l’au­torité can­tonale pou­vait con­sid­ér­er que l’in­timé avait ren­du vraisem­blable sa libéra­tion, plus par­ti­c­ulière­ment le fait qu’un porte-fort ne pou­vait pas val­able­ment garan­tir les oblig­a­tions d’un locataire de locaux com­mer­ci­aux dans le can­ton de Genève, et que le con­trat litigieux ne pou­vait ain­si val­oir titre de main­levée. Au vu de la nature de la procé­dure de main­levée (cf. supra con­sid. 4), la déci­sion du juge de la main­levée ne prive pas la recourante de soumet­tre à nou­veau les ques­tions litigieuses au juge ordi­naire (art. 79 LP). ”